PEPE KALLE

Pépé Kallé, de son vrai nom Jean Kabasele Yampanya wa ba Mulanga, est né à Kinshasa, le 30 novembre 1951. Fils de papa Angbando et de maman Mbula (tous décédés), il est l'aîné d'une famille de 15 enfants dont 8 garçons.

Après ses études primaires à l'école catholique Saint Charles et ensuite à Saint Paul dans la commune de Barumbu, il fait ses humanités à l'Institut Saint Raphaël de Limete et à l'Institut d'études sociales de Ngiri-Ngiri. Deux mois avant l'organisation des examens d'Etat, il abandonne les études pour entamer une carrière musicale. L'art d'Orphée fera de lui une star de renommée internationale. A sa mort, il laisse une veuve, Pauline Ndekani et une nombreuse progéniture.

Sa carrière musicale


Dès son bas âge, Pépé Kallé savait déjà composer des chansons qu'il cèdait à des musiciens célèbres de l'époque. Comme ses oeuvres obtenaient un grand succès sur le marché du disque, il décida ensuite d'embrasser la carrière musicale active. L'année 1966 reste inoubliable pour ses fans, car il intègre le groupe "Le Bamboula" du soliste Papa Noël. Pépé Kallé évolue aux cotés de Madilu Systems et Bozi Boziana. Deux ans plus tard, l'éléphant de la musique congolaise crée l'orchestre African Choc dans la commune de Barumbu, le chanteur Papy Tex en fait également partie. Un jour, le saxophoniste Michel Sax qui assistait souvent aux répétions de l'African Choc, décide de prendre Pépé Kallé et Papy Tex pour les présenter au Grand Kallé Jeef, patron de l'orchestre African Jazz. Après avoir écouté les deux jeunes gens chanter, Grand Kallé Jeef les confie au bon soin du chanteur Kouka Mathieu, aujourd'hui dans l'African Ambiance.

En 1970, Yampanya wa ba Mulanga et Papy Tex franchissent une autre étape de leur carrière en intégrant l'orchestre le Myosotis de la commune de Dendale, aujourd'hui Kasavubu. Au courant de la même année, ce groupe décide de participer au concours de musique des orchestres de jeunes organisé par le guitariste Dewayon Ebengo. Myosotis remporte le prix de meilleur orchestre. A cette occasion, Pépé Kallé épate les musiciens professionnels présents à la cérémonie de proclamation des résultats. Le drummer de l'Afrisa International, Seskain Molenga, fait alors appel aux talents des deux vedettes pour mieux les encadrer et renforcer l'attaque-chant d'un orchestre qu'il a créé. L'accompagnateur Lokasa avait aussi recommandé à Seskin Molenga, Dilu Dilumona, chanteur de l'orchestre Révélation de la commune de Kintambo. Dès lors, on parle de la naissance du trio "Kadima" (Kabasele, Dilu et Matolu).

Après avoir abattu un travail de titan avec ses poulains, Seskin Molenga conduit son groupe, qu'il a baptisé du nom de Bakuba, au studio mobile Vévé pour l'enregistrement des chansons comme Nazoki, Na kobelela, Libaku mabe, Kanu, Nazangi tata, etc... Ces chansons attirent l'attention de Kiamwangana Mateta Verkys, Pdg de l'écurie Vévé et propriétaire du studio mobile du même nom, qui décide de s'occuper également de l'édition, la distribution et la commercialisation de ces oeuvres. Dès leur apparition sur le marché du disque, ces chansons, récoltent un succès sans précédent. Seskin Molenga voyage par la suite avec l'orchestre Afrisa International pour Paris où ils tiendront en haleine l'exigeant public de la mythique salle de l'Olympia. Grâce au succès récolté par les chansons cités plus haut, le trio "Kadima" signe un contrat d'édition avec l'écurie Vévé. Kiamwangana mettra alors à la disposition du trio un équipement de musique pimpant neuf de marque Rangers. Peu après, se référant à l'existence historique de l'Empire Bakuba, dont on situe de nos jours les limites et les descendants au territoire de Mweka, dans la province du Kasai Occidental que le trio "Kadima" décide d'ajouter au nom déjà existant de Bakuba celui d'Empire. L'Empire Bakuba venait ainsi de renaître, cette fois-ci, dans le domaine musical prêt à occuper les meilleures places de différents hit parades tant nationaux que continentaux durant plus de vingt-cinq ans. Le trio "Kadima" va organiser son premier concert le 7 mars 1973 au dancing bar Vis-à-Vis. Devenu une réalité pour les mélomanes, l'Empire vole de succès en succès durant sa longue carrière. l'éléphant de la musique congolaise, Matolu Dode, Dilu Dilumona et leur orchestre sont plusieurs fois plébiscités les meilleurs de l'année. Le titre de champion d'Afrique et des Caraïbes, décerné à l'Empire Bakuba grâce au succès récolté par l'album "Poum Moun Paka Bougé", consacre l'universalité de la musique de cet orchestre. Depuis lors, au cours des référendums organisés par les chroniqueurs de musique (Acmco) Pépé Kallé ne manque jamais d'obtenir un prix. Ceci, grâce à ses multiples talents : meilleur chanteur, meilleur auteur-compositeur, meilleure chanson et l'Empire Bakuba, meilleur orchestre. Pépé Kallé s'illustre par plusieurs chansons à succès qui contribuent à sa propre renommée et à celle de l'Empire Bakuba sur le plan international, telles que Nazoki, Zabolo, Poun Moun Paka bougé, Escroquerie Moyibi, Bitoto, Article 15, Divisé par deux, Mbula... Dans cette dernière chanson, il immortalise sa chère mère.

De son vivant, cet artiste qui pesait plus de 150 Kgs a beaucoup contribué à la promotion de l'Empire Bakuba. Il évoluait parfois en solo pour soutenir son groupe durant les passages à vide, c'est dans ce cadre qu'il a produit les albums Zabolo, Poun Moun Paka bougé, Divisé par deux, Cocktail. Ce virtuose de la chanson et l'Empire Bakuba comptent parmi les artistes et les orchestres les plus féconds de notre musique. Selon notre confrère Mbunga Natoko Ngadiadia, la dimension universelle de la musique de Pépé Kallé tient à son orignalité vocale, à sa richesse thématique, à la diversité des mélodies et à son engouement rythmique. Cette musique qui est appréciée partout dans le monde est sans doute de tous les âges, de toutes les générations (de 7 à 77 ans), sans distinction de races, de tribus, d'ethnies, de langues, d'idéologies et de religions. A travers ses chansons, Pépé Kallé a notamment exhalté l'amour de la patrie, les richesses culturelles, les potentialités économiques du pays, le sens du devoir pour la jeunesse, l'esprit de famille, la fidélité dans les relations humaines, la douleur de la séparation et même la mort. Il faut aussi signaler que l'enfant de maman Mbula fut un grand patriote entièrement mobilisé pour la cause de son pays, comme le prouve notamment sa brillante participation à l'enregistrement des chansons "Mwana mpwo" (Franc congolais) et "Tokufa mpo na ekolo".

Du côté caractère, malgré sa redoutable force de frappe (il était judoka et boxeur), Pépé Kallé était tempérant, amusant, abordable, accueillant, courageux, débrouillard, humble, serviable, simple, généreux, unificateur, bon encadreur, dragueur des jolies nanas, comme son ami d'enfance et confident Matolu Dode Jean Papy Tex.

Les membres du trio "Kadima" s'amaient, savaient se supporter et se pardonner mutuellement. La preuve en est que le trio a réussi contre vents et marées à maintenir l'orchestre en activité pendant 26 ans. Un record dans la musique congolaise où les orchestres sont habitués à se disloquer au fil du temps.

Dans sa vie d'artiste, Pépé Kallé était aussi très reconnaissant à l'égard de ses bienfaiteurs, ses amis et connaissances. Il a reconnu leurs bienfaits et mérites à travers les chansons où il les a immortalisés comme: Likinga, Madi Madimba, Dadou, Mama Leki Ndaya, Mutualié Saint Paul, Mbula... pour ne citer que celles-là.

Pépé Kallé était très social et répondait favorablement aux appels de tous ceux qui avaient besoin de lui pour l'enregistrement de leurs oeuvres. Il a chanté avec les musiciens des orchestres Bella-Bella, Lipwa Lipwa, Viva-la-Musica, T.P. Ok Jazz, l'immortel Vévé, Bana Ok, etc. Il a également accompagné plusieurs vedettes nationales et internationales dans la réalisation de leurs albums en solo. Son timbre vocal, d'une originalité remarquable, était commercialement mise à la disposition des autres.

Pépé Kallé est décédé le 28 novembre 1998 à 23 h00 avant qu'on ne l'achemine d'urgence à la clinique Ngaliema. Il a été pleuré par toute la Nation congolaise ainsi que par de nombreuses délégations étrangères. Son corps a été exposé le dimanche 6 décembre au Palais du Peuple pour que tout le monde lui rende un dernier hommage. Les membres de sa famille, les artistes musiciens présents à Kinshasa, les membres du gouvernement de Salut public, ses amis et connaissances, les membres du corps diplomatique accrédités à Kinshasa, les autorités tant civiles que militaires, la crème du beau monde de la capitale et les habitants des faubourgs, s'étaient fixés rendez-vous dans la grandiose oeuvre d'architecture chinoise. Il a été aussi décoré à titre posthume avant son enterrement dimanche dans l'après-midi au cimetière de la Gombe. Signe d'un hommage exceptionnel, sa dépouille mortelle a été escortée par des motards de la Police nationale, jusqu'au cimetière de la Gombe où elle a été inhumée en présence d'une marée humaine venue témoigner son attachement à l'endroit de l'illustre disparu.

Le 28 novembre 1999, Pépé Kallé a totalisé un an dans l'au-delà. Mais son nom restera à jamais dans le panthéon des grands. Il est toujours parmi nous à travers ses oeuvres.




Maya - Pepe kalle/Tpok jazz
Sombokila
Milla
soukouss
bitoto jhonny
pepe kalle &empire bakuba
Muana M'Mobowa
Miyamona
Bana ok & Mbilia Bel & Pépé Kallé - NA LEMBI
Bana OK et Pepe kale-Capinet
LA RUMBA(son dernier album,sortie en 1999)
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# Posté le vendredi 04 juillet 2008 22:16
Modifié le samedi 05 juillet 2008 00:40

Kanda Bongo Man

Deux autres "guitarbands" sont devenus célèbres en passant par Paris : celui de Kanda Bongo Man et Empire Bakuba de Pépé Kallé.

Kanda Bongo Man, né en 1958, a adapté sa formation aux normes de coûts européens et a débuté à Paris avec quatre ou cinq musiciens.
Il sort ses premiers 45 tours à Kinshasa dans les années 70. Accompagné d'un guitariste inventif, Diblo Dibala, dont le style tranche avec celui de la rumba classique, il se produit sur les scènes des pays voisins, du Congo à l'Angola. Il perce difficilement dans son propre pays, où quelques groupes, véritables institutions locales, monopolisent l'espace musical. Il choisit finalement de s'exiler à Paris, où il arrive en 1979.
Après l'album "Iyolé" (1981), Kanda Bongo Man devient peu à peu l'un des artistes africains les plus connus, avec son soukous endiablé.
Dans les années 1980, toutes les discothèques de l'Afrique de l'Ouest, grandes consommatrices de musique zaïroise, se convertissent au Kwassa-Kwassa, la danse de Kanda Bongo Man, style plus rapide et plus tapageur que la rumba classique.

Pépé Kallé, né en 1951, et son groupe Empire Bakuba eurent beaucoup de succès avec leur Kwassa-Kwassa à la fin des années quatre-vingt. En 1987, Empire Bakuba est sacré quatrième orchestre du continent africain par Radio France Internationale et, en 1989, il reçut les "maracas d'or" de la chanson africaine et antillaise.
Empire Bakuba, crée au passage (comme tous les orchestres dignes de ce nom) sa propre danse, le Makassy calculé.

Le chansonnier de la rumba est particulièrement truculent, comme on peut s'en rendre compte dans ses nombreux tubes bilingues lingala / français.
Le congolais Zao illustre bien la satire sociale. Son hymne antimilitariste humoristique "Ancien Combattant" (1983) qui met en scène un ancien tiraimmeur a été l'un des plus grands hits de la musique africaine, en Afrique francophone et en France.
Cette chanson fait désormais partie du répertoire de la musique populaire au Congo / Zaïre.



Isambe

Yolanda
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# Posté le vendredi 04 juillet 2008 22:11
Modifié le vendredi 04 juillet 2008 22:29

Jean-Serge ESSOUS, Artiste UNESCO pour la Paix.

Jean-Serge ESSOUS, Artiste UNESCO pour la Paix.
Le Directeur général de l'Unesco, Koichiro Matsuura, a désigné en 2005,l'artiste-musicien congolais Essous Jean-Serge, Artiste de l'Unesco pour la paix, lors d'une cérémonie qui a eu lieu au siège de l'Organisation à Paris, le 11 octobre dernier, en présence du Président de la République du Congo, Son Excellence Dénis Sassou N'Guesso, en visite officielle à l'Unesco, à l'occasion de la 165ème session du Comité exécutif. Des personnalités congolaises, dont le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, monsieur Gakosso Jean-Claude, a assisté également à la cérémonie, ainsi que son ancien collaborateur, l'artiste-musicien Manu Dibango, lui-même Artiste de l' Unesco pour la paix.

Co-fondateur de l'O.K Jazz en juin 1956, des Bantous de la Capitale en août 1959 et d'African Team en 1969 à Paris avec Joseph Kabasele dit Grand Kallé, Tino Barosa, Don Gonzalo, etc. Musicien talentueux, organisateur et travailleur, Essous Jean-Serge a été désigné Artiste de l'Unesco pour la paix en reconnaissance de sa contribution à la promotion des idéaux de l'Unesco à travers ses activités artistiques.

Les Artistes de l'Unesco pour la paix sont des personnalités qui mettent leur influence, charisme et réputation au service du message de l'Unesco. Parmi eux on compte : l'artiste-musicien brésilien Gilberto Gil, actuellement ministre de la Culture de son pays, la compositrice Missa Johnouchi du Japon, la soprano coréenne Sumi Jo, le chanteur et compositeur des Gypsy Kings, le français Chico Bouchikhi, le chef-d'orchestre Valery Gergiev de la Russie, l'artiste-musicien camerounais Manu Dibango, Celine Dion, etc.

BIOGRAPHIE

Né le 15 janvier 1935 à Mussendzo. Il fait ses études primaires à l'école officielle de Poto-poto, ensuite au collège de Dolisie. Il se fait inscrire à l'école technique à Brazzaville, où il est dans la section «Electricité».

A l'issue de ses études techniques, il est engagé à l'IBM à Brazzaville, où il a comme co-équipiers, les musiciens Jacques Pella dit « Lamotha » et Marie-Isidore Diaboua, fondateur du Ballet Diaboua. A l'âge de 16 ans en 1951, flûtiste, Essous Jean-Serge est membre du Ballet « Kongo dia Ntotila » avec ses amis Liberlin de Shoriba Diop, Jacques Pella dit « Lamotha », Marie-Isidore Diaboua et bien d'autres membres. Une année plus tard en 1952, il intègre les Compagnons de la joie, le CDJ, nouvelle formation musicale de Diaboua. Ce dernier qui tenait à l'éclosion des nouveaux talents apportent un sang nouveau au groupe, intègre cinq jeunes dans le CDJ. Il fait appel à Pandy Saturnin, Philippe Mouckouamy dit Mock, Kouka Celio, Kodia Bonanrd, Essous Jean-Serge, Lamotha et Mboko dit Joker.

Et aussi Itoua Marguerite, Boumba Antoinette et Bella Marie. En 1954, le clarinettiste Essous Jean-Serge incorpore l'orchestre Negro Jazz, sous la direction de Kaba Joseph. Il y retrouve Nino Malapet, Ossiala Boniface, Mpoua Bernardin « Bara » (Guitare basse), Samba Théophile, Michel Akouala dit Zazou au saxo, Yengo Bruno et Théophile Samba, Kouka Celestin, Ganga Edo au chant. Une année après, Essous Jean-Serge traverse à Léopoldville. Il rencontre Henri Bowane qui assure plusieurs contrats de production au Négro-Jazz. Ils jouent au Quist-Bar, à Air France, au Café Sport et au Parc De Boeck.

NAISSANCE DE L'OK JAZZ

La même année, il quitte le Négro Jazz pour les éditions Loningisa de Léopoldville, où il trouve son ami Pandy Saturnin. Il est dans un orchestre d'enregistrement du studio Loningisa, dénommé « Bana Loningisa ». Le 6 juin 1956, voit naître l'orchestre O.K Jazz, composé de sept artistes-musiciens : quatre de Léopoldville : le chanteur Victor Longomba dit Vicky, le guitariste soliste François Luambo dit Franco, le percussionniste Nicolas Bosuma dit Dessoin et José Lando dit Rossignol, et ceux venus de Brazzaville le clarinettiste Essous Jean-Serge, le guitariste basse Loubelo Daniel dit De la Lune et le percussionniste Saturnin Pandy dit Ben. Il est l'un des membres co-fondateur et premier chef d'orchestre. L'O.K Jazz se produit chez Cassien OK Bar, initiales du propriétaire Oscar Kashama. Et naturellement le groupe prend la dénnomination O.K Jazz. Ses ½uvres dans l'O.K Jazz sont : « Lina », « Se pamba », « Camarade ya mboka mondele », « Bolingo na ngai Gigi », « Baila », « Nzungu ya loso », « Serenade sentimentale », etc.

CREATION DE ROCK'A MAMBO

Il quitte l'O.K Jazz le 31 décembre 1956, en même temps que Pandy et Rossignol. Le 2 janvier 1957, il est avec Henri Bowane, José Lando Rossignol dans Rock'A Mambo. Ils constituent le Trio Bowane Essous Rossignol (Beros). Ils adhèrent les éditions Esengo par la signature d'un contrat d'exclusivité de production des disques.

Le Trio est accompagné d'excellents musiciens comme Eugène Ngoy dit Gogène, Léon Nzambe dit Sathan, Pandy Saturnin, Alphonse Eyenga, Maproco, etc. Parmi leurs premières chansons on peut noter : « Caramba sonorita », « Marie Petro », « Tour de ville », « Santa Lou », « Tocami », «Ya Mouele », etc. Certains titres sont enregistrés au studio de Diaboua, Pela, Lamotha et Shoriba Diop, qui ont continué à entretenir avec leurs anciens amis de CDJ des relations tout à fait fraternelles. Rock'A Mambo est considéré comme la continuité de l'orchestre Négro-Jazz, en apprenant aux jeunes à danser les danses d'origines cubaines. Tels que le cha cha cha, le mambo, le guaia, et surtout le son de la Sexteto Habanero, « GV21», Helena la cumbachera, Linda Cubanas. C'est à Essous Jean-Serge en 1957 que la musique congolaise doit les toutes premières interprétations réussies de cha cha cha « Baila », « Serenade sentimental » dont le succès a rarement été égalé.

BANTOUS DE LA CAPITALE

A Léopoldville, les turbulences politiques et les perspectives de l'indépendance conduisent les musiciens congolais de Brazzaville de regagner leur pays d'origine.

C'est ainsi que le 15 août 1959, le dancing-bar Faignond donne naissance à l'orchestre Bantous de la Capitale de Brazzaville, qui est composé de Daniel Loubelo dit De la Lune, Edo Ganga et Celio Kouka, transfuges de l'O.K Jazz, Pandy Saturnin et Essous Jean Serge de Rock'A Mambo. Le guitariste soliste Dicky Baroza et l'accompagnateur Jacques Dinos dit Dingari font également partie de cet ensemble. Nino Malapet l'inspirateur et chef des Bantous de la Capitale, est absent au rendez-vous de Brazzaville. Essous Jean-Serge est le dirigeant qui a assurée à Bantous de la Capitale plusieurs années de gloire. Chanteur au timbre rocailleux, Essous «3S» fait intervenir dans son langage musical un caractère insolite. Parmi ses meilleurs ½uvres à succès dans les Bantous de la Capitale, on retient : «Lutaya», « Nazonga na motema », «Tantina », «Farce», «Ngai muana ya Adèle », etc.

En 1962, le président Abbé Fulbert Youlou envoie l'orchetsre Bantous en France, à l'occasion du deuxième anniversaire de l'accession du Congo à la souveraineté nationale. Ils enregistrent de tubes de qualité telles que « Lutaya » de Essous et « Basili koyokana » de Nedule Papa Noël. En 1966, Bantous de la Capitale en séjour à Abidjan, est abandonné par Essous qui se rend en France. A Paris, il intègre le groupe Ryco Jazz. En 1969, après de nombreux déboires, Kallé Jeff, l'un des plus fortes personnalités musicales africaines, rencontre son ami et grand guitariste Tshilumba Baloji dit Tino Baroza à Paris. Ils sortent des oeuvres impressionnantes comme « Bamonaki yo », « Lolo wa ngai », « Jamais kolonga », ainsi que plusieurs rééditions des années 53 et 54. C'est ainsi qu'ils ont monté l'orchestre African Team, avec Edo Clary Lutula, Essous Jean Serge, Manu Dibango, Don Gonzalo, etc. Kwamy et Mujos ont été mis à contribution dans l'enregistrement de certaines ½uvres d'African Team. Ce groupe lancera encore d'autres titres comme : « Gauche/Droite débordement », « Africa d'ambiance », « Cambridge », « Laurent Fantôme », « Safari muzuri », « Africa boogoloo », « Kimbombo kimbombo », « Discipline ya KDL », « Valentina Minago », « Boogoloo la fontaine », « Congo soyo », « Charanga in Paris », « Suzin Edo », « Ma préférée Irène », etc.

Bien que ne jouant plus de la musique, Essous Jean Serge est nommé en 1993, conseiller culturel et artistique du président congolais Pascal Lissouba. En 1994, il est plébiscité par l'institution N'Gwomo Africa du feu manager François Londala de Laudert Production.

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# Posté le jeudi 03 juillet 2008 20:04

Kosmos Mountouari

Kosmos Mountouari
Kosmos Moutouari est non seulement l'un des plus grands auteurs-compositeurs de l'histoire de la musique congolaise, mais aussi et certainement le musicien le plus prolifique connu à date. J'en suis arrivé à cette conclusion grâce à mes recherches et j'aimerai avoir d'autres opinions là-dessus. Avec feu Pamelo Mounka, l'autre grand compositeur congolais (sans oublier Youlou Mabiala), il a formé un duo mythique que je qualifierais ici, sans crainte d'être contredit, de duo du siècle dernier parlant de musique congolaise. Tant dans les Bantous de la Capitale qu'avec le Trio CEPAKOS (Celio-Pamelo-Kosmos), le duo Pamelo-Kosmos a su en imposer. Pour s'en convaincre il suffit simplement d'écouter des ballades telles que « choisis, ou c'est lui ou c'est moi! », « Annie Téyé », « makambo mibale », « Vie privée », « Trois mois de tristesse », « Mémé », « Mélancolie», etc ou la voix légèrement suave et souvent complaignante de Pamelo se marie harmonieusement aux variations de la voix légèrement plus basse de vocaliste de grand talent qu'est Kosmos.

J'ai (re)découvert la puissance lyrique qui empreint les compositions de Kosmos il y a quelques années lorsque dans une quête de retour aux sources de notre musique, j'ai entrepris de monter ma propre collection dans le but d'acquérir toutes les ½uvres congolaises éditées entre les années 50 et 80. Des chansons dont le passage sur les ondes de la radio nationale (la voie de la révolution congolaise à l'époque) me laissait souvent indifférent dans mon enfance revêtent pour moi un sens et un intérêt tout a fait différents aujourd'hui. Dans cette optique, il est fort aisé de comprendre des commentaires comme celui qu'a eu un des interviewés de ce documentaire sur les origines de la rumba congolaise diffusé sur TV5 il ya quelques mois à savoir « lorsque les bantous jouaient des chansons comme Milena de Kosmos, ça vous provoquait des picotements dans les jambes ».

Parlant de Kosmos cependant, on ne peut pas passer sous silence le fait que si la majorité des Congolais ont certainement déjà entendu parler de Kosmos Mountouari, leur connaissance de l'ensemble de son ½uvre et surtout de son apport à la musique moderne congolaise reste souvent assez limitée. Ceci est encore plus vrai dans le cas des jeunes dans la vingtaine et moins. En effet, Kosmos a ceci de particulier qu'il ne fait pas partie des musiciens congolais dont on parle le plus. Aujourd'hui l'explication de cet état de fait peut être noyée dans l'idée que l'intérêt des Congolais se focalise de plus en plus exclusivement et surtout autour des musiciens de 4e génération (1) tels que les Roga-Roga, Doudou Copa et compagnie. Pourtant, je constate qu'il n'en a vraiment jamais été différemment au cours des années, et ce, surtout sur la scène musicale africaine et internationale aussi. Tenez, par exemple pas mal de Congolais de l'autre rive m'avouent souvent ne pas le connaître, mais se retrouvent tout de suite lorsqu'on évoque Pierre Mountouari, son frère cadet, un autre grand musicien ex-leader du groupe Sinza, qui a surtout connu du succès dans les années 80. Cette tendance est aussi observée chez les Africains d'autres pays. J'avoue que cela me laisse un peu perplexe bien que je comprends que cela est sans doute dû en partie à la nature sédentaire de Kosmos qui est un pur produit congolais « fabriqué » entièrement à Brazzaville. Donc une exception qui, contrairement a ses éminents contemporains tels que les Essous, Nganga Edo, Loubelo dit « de la Lune », et plus jeunes Youlou Mabiala, a résisté à la tentation d'aller à la conquête de Kinshasa comme le voulait la maxime populaire « Poto-poto mboka munene , solo kinshasa mpoto moyindo » érigée quasiment en règle (2) dans les années 60. Au sens littéral, il s'agissait d'une comparaison entre Brazzaville et Kinshasa de l'époque qui peut se comprendre, en faisant une analogie avec ce cliché que véhicule (à tord ou a raison) Gérard de Villiers dans un de ses romans SAS lorsqu'il dit : « Montréal est le New York du pauvre ». Dans le sens métaphorique cependant, il s'agissait plutôt d'une appréciation d'ordre général où Kinshasa était comparée à une ville de style européen offrant des infrastructures modernes donc lieu inévitable de différents apprentissages et la musique n'y a pas échappée.

Pour revenir à Kosmos, voici, pour vous replonger dans l'ambiance, une transcription de Milena une des chansons mythiques de Kosmos évoquées plus haut. (la transcription est de moi et peut donc éventuellement contenir quelques coquilles)

Titre:Milena
Auteur-compositeur: Kosmos Moutouari
Orchestre: Les Bantous de la Capitale
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Milena a
Bazali ko tungisa ngai mingi
Po te na memi ngambo ya ko linga yo ô
Bolingo ô bolingo ôô
Owuta wapi

Nalingaki ya solo ko bala Milena
Ngai na bokilo to yokanaki
ko yeba te é bokilo Dédé é azali moteki ya bana â â
Milena â,
bokilo a lingi na sopela ye mbongo nioso ngai na zuaka â
Milena â,
pote a botela ngai muana amonela pasi na kobokolo

Ata ko boyina ngai , botika na bokolo oyo ya ngai muana
Naloba mingi te Maria a
Bokilo Dédé é bongola makanisi, lé é lé é lé é,

Ata ko misopo e kauka na nzala
Bokilo okoki ko sala boye té
O tindaka Milena apesa mwana na moto ya mosolo
Ngai ko tata ya muana nayino nakufi té è
Milena a aaa

Refrain

Na ko mitunaka mingi bokilo na sali nini i nayeba ôô
Masusa e bimi ye na elongi po na koluka mbongo, a keba a
Mbongo na mokili ezali chance ya la vie, boyoka aa
Na motema, na ko kanisa bolingo ya ngai na Milena na tuna ôô,
Na motema, na ko kanisa bolingo ya muana na ngai aa, na linga

Ô motema pasi mingi i,
Ma Maria limbisa ngai
Ô Milena na linga
Mame motema pasi mama
Mame motema muana na ngai




(1) Le concept de génération est utilise ici par analogie au débat qui bat son cours sur l'autre rive du fleuve Congo concernant notamment la classification des musiciens depuis l'époque de Wendo (tango ya ba Wendo) à aujourd'hui. En gros, pour parler de nouvelle génération il faut qu'il y ait introduction de changements significatifs et durables par rapport à la génération précédente. Ainsi il y a par exemple débat pour savoir si les chanteurs RDCens tels que les Fally Ipupa représentent un tel changement. Dans l'affirmative, il faudra alors les classer comme musiciens de 5e génération. Dans le cas des jeunes issus d'Extra-Musica je parle de 4e génération donc ayant succédé aux Bilengué Sakana, ViVa Mandolina, Fernand Mabala, (3e génération), Les Bantous de la Capitale, Kamikaze Loningissa, Les trois frères (2e) et enfin les précurseurs comme Paul Kamba avec son orchestre Victoria copié à Kinshasa par Wendo Kolosoy, Antoine Moundanda etc.

(2) On retrouve également cette citation dans la chanson celebrissime d'Antoine Moundanda “Nzila ya Ndolo”
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# Posté le jeudi 03 juillet 2008 19:13
Modifié le jeudi 03 juillet 2008 19:34

Theo blaise kounkou

Theo blaise kounkou
THEO BLAISE KOUNKOU : Retour au bercail

Un des porte-étendards de la musique congolaise outre- Atlantique, Théo Blaise Kounkou, est en vacances à Brazza. Nous l'avons surpris en plein studio, pas en train de préparer son prochain album (le dernier remonte à 1997), mais de monnayer son talent de directeur artistique et de réalisateur, au profit d'un jeune groupe congolais. Interview.

• Cela fait plus d'un mois que vous êtes à Brazza, mais on ne vous sent pas dans la ville. Voulez-vous passer incognito ?

- Oh ! Non, ce n'est pas un problème de passer incognito. Le seul problème, c'est que je suis venu, pour prendre des vacances. Mais, comme le travail me suit partout, et du fait que je fasse de la direction artistique et de la réalisation en matière de musique, ceux qui ont su que j'étais là, ont voulu profiter de ma présence, parce que ce sont des choses que je fais partout, en Afrique, en Europe; je vis de ça, en France, et partout où je suis, au Congo ou ailleurs, quand je suis là, les gens profitent de ma présence, pour réaliser des albums, des travaux en studio. Ce qui fait que je n'ai pas un temps libre pour moi. J'ai juste fait une émission à la Radio, ce jour-là, je sortais du studio, et une autre à la Télévision. Donc, c'est tout ce que j'ai eu à faire, et comme vous le constatez, vous-même, vous m'avez trouvé en plein studio, en train de travailler. Donc, c'est quand j'aurai fini tout ça que j'aurai un peu de temps pour moi, peut-être l'occasion de faire savoir au public que je suis là.

• Concrètement, qu'êtes-vous en train de faire au studio ?

- Je suis sur l'album d'un jeune groupe congolais. Concrètement, je fais ce qu'on appelle de la direction artistique et de la réalisation. Vous savez, dans le métier, il y a beaucoup de branches : il y a l'auteur, le compositeur, l'arrangeur ; et quand on réalise un album, surviennent des gens comme nous, qui sommes des directeurs artistiques et des réalisateurs. Donc, c'est ce que je fais, présentement, au studio, c'est très technique, c'est ma spécialité qui fait partie du corps des métiers de la musique.

• Et concernant vous-même, qu'est-ce que vous nous réservez, pour cette année ?

- Concernant moi-même, j'espère que cette fois-ci, j'aurai le temps de finir mon album, parce que ça fait un bout de temps que je le dis. En fait, il est là; il est déjà entamé, mais il me coûte un peu cher, parce qu'on a voulu un peu faire des choses spéciales. On est en train de voir comment le finir, et les membres du groupe avec lequel je dois jouer sont en train de faire une longue tournée. Donc, certainement, après les vacances, ils seront rentrés, et à ce moment là, je vais tout faire pour l'achever, cette fois.

• C'est peut-être l'occasion que vous nous en disiez davantage sur cet album tant attendu ? - Dans cet album, je voudrais parler du Congo, un tout petit peu à ma manière ; le Congo sera très présent. Pour tous ceux qui l'écouteront, c'est vraiment le retour au bercail, comme on dit. Je vais parler du Congo, parce que je suis venu en 2003, pour le FESPAM, je suis reparti, un an après, je suis allé à Pointe-Noire, où je suis resté longtemps, pour réécrire cet album. Et je vais, certainement, modifier quelques paroles, pendant que je suis ici, réécrire, pour peaufiner un peu les textes. • Comment va s'appeler cet album, et combien de titres comportera-t-il ?

- Comment il va s'appeler ? Je ne sais pas. Moi, je ne donne pas le nom à mes albums comme ça. J'attends que je finisse, les couleurs que ça prendra, et à ce moment-là, je pourrais donner un nom à cet album qui comprendra une dizaine de titres.

• Ce sera fait dans quel style ?

- On reconnaîtra le style de Théo Blaise : c'est la rumba saccadée, avec des textes qui intéressent les gens. Et puis, je voudrais, cette fois, ajouter des titres un peu spéciaux, pour que cet album ait une couleur un tout petit peu des îles... Ce sera un petit mélange, c'est-à-dire que ça va un tout petit peu refléter mon expérience, ma vie, le passé de ma vie, là où je suis passé, pour en arriver là.

• Après des tubes à succès comme Mwana Djambala, Eden, Belle Amicha, on a l'impression que Théo Blaise Kounkou n'existe quasiment plus, tout au moins, artistiquement...

- Oh ! Théo Blaise existe toujours. Comme je vous ai dit, depuis que j'ai fini de faire ma spécialité en direction artistique, je suis tout le temps, dans les studios. Ce qui fait que, c'est vrai, je ne suis peut-être pas très présent sur scène, parce que, entre-temps, j'avais laissé la scène, pour des raisons exceptionnelles. Vous savez qu'en matière d'organisation de spectacles, il n'y a pas beaucoup de gens qui sont sérieux, donc, j'avais un tout petit peu arrêté. J'avais aussi fait un break sur les productions, parce que je suis piraté de partout. Ce qui fait que tout ce que je faisais, c'était pour enrichir les pirates, j'avais un tout petit peu levé le pied, comme on dit. Mais, là, je vais bientôt revenir ; je le promets au public.

“Mon dernier album, je l'avais sorti pendant les évènements au pays. Il n'est jamais arrivé au Congo”

• Au fait, à quand remonte, exactement, votre dernier album ?

- Mon dernier album, je l'avais sorti pendant qu'il y avait les événements au pays. Cet album n'est jamais arrivé au Congo, parce que ce n'était pas la priorité, à ce moment-là.

• Des événements que le pays a connus à aujourd'hui, cela fait, quand même, beaucoup d'années...

- Oui, tout à fait. Mais, vous savez que je suis très accaparé par mon travail. Et comme j'ai dit, j'avais fait un break, parce que la piraterie m'avait un peu déconcerté. Moi, qui suis piraté, depuis 74 jusqu'aujourd'hui. Ce qui n'est pas rien. Mais, d'ici là, je vais revenir à flot.

• Et comment les choses se passent pour vous, en France où vous êtes basé, depuis des décennies ?

- Moi, j'ai toujours vécu à l'étranger, j'ai toujours vécu de mon travail, heureusement, même si la piraterie nous serre. Et, en ce moment, pour mon dernier album, au niveau du financement, c'est un peu dur, parce que c'est un album qui me demande beaucoup d'argent. On met beaucoup d'argent, pour produire un album, par la suite, les pirates s'y mettent. Et, au bout du compte, financièrement, on ne s'y retrouve pas. Et même quand vous avez des droits d'auteur, ceux-ci ne vous servent, peut-être, qu'à manger, à vous occuper de vos enfants...

• Etes-vous aussi d'avis que la musique congolaise est en perte de vitesse ?

- Oui, tout à fait ! La musique congolaise est vraiment en perte de vitesse. Vous savez que nous, quand on faisait les Mwana Djambala, j'ai été le premier à poser mes valises à Paris, avec mes relations, pour y faire des productions. J'ai encouragé Pamelo à me suivre, et il est venu. Par la même occasion, Pierre Mountouari, Zao ont suivi ; il y a des jeunes qui se sont aussi exprimés, bref, à cette époque-là, la musique congolaise avait une certaine dynamique. Donc, cette synergie-là, au moment où on a décroché un tout petit peu, parce que j'ai repris une formation professionnelle dans le cadre de la musique, les autres n'ont pas pu maintenir le rythme. Heureusement qu'il y a eu des groupes comme Extra Musica, G7, qui étaient là, qui ont essayé de tenir un tout petit peu notre musique... Moi, je pense qu'on ne peut pas, tout seul, défendre tout une culture.

Cela nécessite l'apport de toute le monde. De telle sorte que quand l'un est en baisse, l'autre marche... Et la musique congolaise est en perte de vitesse, pourquoi ? Parce que, déjà, le Congolais néglige sa propre musique. Puis, nos responsables, ils s'en foutent, c'est mon avis, ça n'engage que moi, personne ne fait rien. Moi, je pense qu'il faut subventionner ce secteur, il faut subventionner la culture. Et si on ne le fait pas, ce serait très difficile pour nous ; et qu'est-ce qu'on va faire ? on va consommer la musique qui vient d'ailleurs. Ce qui ne serait pas une bonne chose pour nous, parce qu'une culture, ça ne se brade pas, et ça fait partie de notre patrimoine que nous devons préserver. Et je pense qu'au niveau des mélomanes et des politiques congolais, s'ils comprennent que l'enjeu est celui-là, ils seront à même de faire quelque chose, de soutenir, efficacement, notre culture.

• Quel message à l'endroit de vos fans éparpillés à travers le monde ?

- Pour mes fans que je salue, avec mon c½ur, je leur dirai, tout simplement, que je continue à faire la musique, qu'ils ne pensent pas que j'ai décroché, non, c'est mon métier, je continue à le faire. Sauf que j'ai des spécialités, comme la direction artistique, la réalisation en studio, qui me prennent assez de temps ; c'est une autre façon de faire ce métier. Mais, je suis là. Les gens savent que quand je ne suis pas à Libreville ou à Yaoundé, à Douala, à Abidjan, ou je ne sais où, que je fais ce métier-là. Et c'est avec plaisir que, chaleureusement, ils me le rendent, parce que les gens me le rendent vraiment, même dans la rue.

Par Véran carrhol Yanga


Eden
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# Posté le mercredi 11 juin 2008 17:30
Modifié le jeudi 03 juillet 2008 19:44